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Le Serious Game face aux difficultés de la détection des Talents
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Le Serious Game face aux difficultés de la détection des Talents

En France, 90 % des directions de grandes entreprises cotées et près de 40 % des PME estiment aujourd’hui être concernées par « la guerre des talents ». Cette bataille, qui se livre niveau mondial, s’intensifie et toutes les catégories de managers (juniors ou seniors) semblent visées par la compétition à laquelle se livrent les entreprises pour recruter des compétences. Les talents sont considérés comme des sous-ensembles de compétences, celles dans lesquelles la personne excelle. Les talents révélés sont les talents que l’on peut identifier. Cela est possible car ils ont produit quelque chose, que ce soit quantitatif ou qualitatif. Jusqu’alors on comptait deux types de talent : le talent performant et le talent innovant. Toutefois, la faiblesse des dispositifs d’évaluation de ces deux types de talent se situe au plan du choix des critères. Ceux-ci sont trop formels en ce qu’ils reposent sur des compétences conscientes. Or, les récents travaux du Massachusetts Institute of Technology (MIT) sur l’intelligence ainsi que les dernières conférences scientifiques internationales annuelles dédiées à cette nouvelle science attestent que le QI collectif correspond surtout aux réflexes émotionnels de chaque membre du groupe. D’ailleurs, les psychologues qualifient « les réflexes émotionnels » d’intelligence générale, appelée « g ». C’est g qui nous rend « capable de résoudre des problèmes conséquents par réflexe », expliquent les spécialistes (Kaufman, S. (2014) What do QI tests test ? : Interview with psychologist W. Joel Schneider. Scientific American.).

Le bon réflexe au bon moment : l’indicateur de talent le plus prometteur

Avons-nous besoin de réfléchir au quotidien pour marcher ? Pour parler ? Non ! Le verbe et le qualificatif arrivent spontanément à notre esprit lorsque nous nous exprimons. De la même manière, changer de vitesse sur notre voiture, ou rassembler les différentes lettres d’un mot pour l’écrire, ne nous demande pas d’effort de réflexion ou de mémoire. Nous avons donc acquis des réflexes qui font partie intégrante de notre personne. Selon la qualité d’acquisition de ces réflexes, nous pourrions être un bon orateur utilisant spontanément les mots justes, ou bien quelqu’un qui aurait de la difficulté à s’exprimer. Nous pourrions également être un bon ou un piètre conducteur selon que nous serions capables ou non de faire passer l’acquisition de la conduite au stade du réflexe d’anticipation et de courtoisie.

Dans notre société, la réactivité et la vitesse sont des exigences de plus en plus incontournables. L’importance du « bon réflexe » au bon moment devient donc un impératif dans les organisations et les grands groupes, mais aussi dans les PME. En effet, le décideur, qu’il soit manager ou cadre dirigeant, n’a plus droit à l’erreur ou à l’hésitation dans sa façon de réagir, tant ses dires et ses décisions sont immédiatement repris, interprétés, ou critiqués sans même que celui-ci puisse ajuster ses propos ou ses positions. Il s’agit d’être sûr de son fait, même dans l’urgence! Comme nous l’avons déjà précisé plus haut, le manager moderne doit être mobile, enthousiaste, flexible, ouvert d’esprit, prévisionniste, un chasseur de solutions, de moyens. Et l’information, sa proie. Cette exigence nouvelle est parfaitement démontrée par les cycles de formation qu’initient de nombreux groupes comme Elior (près de 60 000 collaborateurs dans 13 pays). Ces formations ont pour objectif d’obtenir de la part de l’encadrement, selon leurs termes : « les bons réflexes » (Les Échos, Juillet 2018). De fait, il s’agit d’être capable d’avoir la bonne réaction en toutes circonstances. De la même manière, un DRH d’un des leaders du marché de l’eau en bouteille me confiait récemment : « Nous dépensons des sommes considérables en formation pour nos managers, mais nous avons de la difficulté, dans l’action, à détecter et à capitaliser les bons réflexes. » C’est précisément la méthode d’acquisition des bons réflexes au bon moment qui intéresse le groupe NEOBRAIN, spécialiste de la détection des talents par l’Intelligence Artificielle.

Les serious games détectent le bon réflexe au bon moment

Lorsque l’entreprise a construit une image et une notoriété lui permettant d’attirer sans difficulté les talents, elle doit définir des outils et méthodes pour valider les talents et mesurer leur potentiel. Par exemple, le groupe NEOBRAIN a mis en œuvre un outil tout à fait original pour repérer et mesurer les talents : les serious games. L’utilisation de ces jeux “sérieux” (serious games, en anglais) à des fins de repérage et de mesure des talents suppose comprendre les liens entre ces outils de détection de talents et les situations de travail réelles, et d’explorer les transformations apportées sur les pratiques professionnelles, ici managériales. Les serious games sont conçus initialement pour associer un dispositif de jeu et des fonctions utilitaires. Ils sont au service de l’apprentissage à la prise de décisions et se présentent essentiellement comme une activité entre plusieurs preneurs de décisions avec un objectif dans un environnement contraint. Le jeu est analysé comme une activité (jouer, c’est faire).

Plusieurs attributs du jeu sont mis en exergue :

Le ou les joueurs, une ou plusieurs personnes en position d’assumer un rôle et/ou de prendre des décisions ;

Le conflit, obstacles dynamiques, humains ou contrôlés par ordinateur, qui augmentent la difficulté d’atteindre l’objectif, de relever le défi… ;

Les règles du jeu, ensemble des consignes qui régissent le jeu et la relation entre les joueurs ;

Le but prédéterminé du jeu, objectif poursuivi par les joueurs (victoire, gain, récompense) ;

Le caractère artificiel, position dans la situation fictive qui permet aux joueurs d’accéder à une dimension ludique.

NEOBRAIN s’intéresse au lien entre le virtuel du jeu et le réel des réflexes des managers pour comprendre ce qu’ils en font (ou non) individuellement et collectivement dans le monde virtuel puis en activité dans le monde réel. Il s’agit d’interroger à la fois les attendus relatifs au prescrit professionnel, tels qu’ils sont injectés dans le jeu, et les transferts de bons réflexes effectués par les candidats entre le jeu et la réalité du travail. Les visées de ce dispositif privilégient les modalités du “bon réflexe au bon moment” en équipe afin de déterminer collectivement comment définir et atteindre les buts poursuivis. Ce qui suppose l’expérimentation de discussions sur les choix de buts et de moyens ou de stratégies d’action.

L’enjeu de la détection des talents par le serious game

Loin de toutes les théories, ce mode de détection des talents est une réhabilitation de la logique, du bon sens et de l’expérience professionnelle. Pour le Talent Manager, il s’agira dorénavant de détecter le candidat qui trouvera spontanément la bonne réponse, la bonne décision, le comportement approprié, ou du moins celui qui est optimal en fonction de la situation de travail simulée. Cette démarche ludique et efficace permettra aux experts RH d’introduire le « bon réflexe » dans la liste des indicateurs du Talent Management. Ce qui amènera à faire des constatations et à établir des règles de comportement qui vont ainsi baliser la façon de faire de l’encadrement de l’entreprise.

Article rédigé par Alain Ngassam.

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