Une compétence émergente est une compétence dont l’importance progresse sous l’effet des transformations technologiques, économiques et organisationnelles, mais qui n’est pas encore largement maîtrisée ni intégrée aux référentiels. Elle se distingue des compétences clés, que les employeurs recherchent déjà massivement : l’enjeu est de la développer avant qu’elle ne devienne indispensable.
Le Responsable des ressources humaines est en première ligne face aux transformations des métiers et des activités. On lui demande de connaître les compétences émergentes, d'alimenter les programmes de développement RH avec les aptitudes qui garantissent l'employabilité des salariés.
Nous devons donc répondre à la question "Quelles sont les compétences émergentes que les collaborateurs doivent acquérir ?" Les compétences émergentes sont composées de plusieurs domaines de savoir-faire que nous détaillons dans cet article : les méta compétences humaines, les compétences cognitives, les compétences sociales, les compétences situationnelles.
Important : ces quatre familles complètent la typologie classique des types de compétences (cognitives, comportementales, techniques et sectorielles) que l’on retrouve dans un référentiel.
Les méta compétences humaines
Le responsable des ressources humaines n’a pas attendu que le mot « compétence » pousse à tous les coins d’articles pour s’y intéresser. Par contre, il ne s’attendait certainement pas à ce qu’on vienne le chahuter sur son terrain : les soft skills. Et oui, même là, il est challengé. Les nouveaux gestionnaires de carrière doivent, par exemple, intégrer les méta compétences humaines encore méconnues comme :
- La capacité à comprendre le fonctionnement du cerveau humain
- La capacité à combiner des intelligences multiples
- La capacité à identifier les meilleures solutions
- La capacité d’apprendre à apprendre / à réapprendre
- La capacité à anticiper les évolutions de son métier
Les compétences cognitives
C’est dans ce domaine que l’évolution des compétences est la plus visible. Selon le rapport Automatisation, numérisation et emploi du Conseil d’Orientation pour l’Emploi (COE), les compétences listées ci-dessous sont destinées à muscler notre cerveau pour le rendre plus résilient, plus adaptable et plus apprenant :
- La capacité de passer d'une tâche cognitive à une autre, en fonction des exigences
- La capacité à imaginer ou construire et mettre en œuvre une idée nouvelle, un objet nouveau ou à découvrir une solution originale à un problème
- La capacité à traduire un nombre important de données
- La capacité à comprendre des concepts issus de multiples disciplines
- La capacité à évaluer de manière critique les nouvelles formes de médias
Les compétences sociales
Oh là ! Ne partez pas si vite, il vous reste encore un peu de travail…
Eh oui, le travail du responsable des ressources humaines évolue également vers l’identification des compétences sociales. Ces compétences visent à cultiver notre humanité et à nous différencier des automates intelligents qui exécuteront de nombreuses tâches dans le futur.
Ce sont ces compétences, tournées vers les autres, que chaque manager et responsable RH se doit de dominer. Parmi elles, on compte :
- La capacité à motiver et faire progresser les personnes dans leur rôle
- La capacité à être ouvert(e) et attentif(-ve) aux réactions des autres
- La capacité à ajuster ses actions en fonction de celle des autres
- La capacité à rechercher activement divers moyens d’aider les autres
- La capacité à chercher le consensus avec les autres et à essayer de réconcilier les points de vue différents
Les compétences situationnelles
Et enfin pour couronner le tout, les compétences de demain doivent permettre à chacun de pouvoir se mouvoir dans son environnement et d’y optimiser ses ressources. Il s’agit de compétences de mise en perspective d’une situation donnée pour la tourner à son avantage :
- La capacité à considérer les coûts et les bénéfices relatifs aux actions envisageables
- La capacité à développer des capacités permettant de résoudre des problèmes nouveaux
- La capacité à travailler de manière productive en tant que membre d’une équipe virtuelle
- La capacité à fixer pour chaque activité un objectif concret et atteignable
- La capacité à adapter son style de communication ou de management à chaque situation ou à chaque personne.
Ainsi avec cet inventaire de compétences clés, les collaborateurs de l'entreprise de demain seront mieux armés pour se confronter à toutes les situations professionnelles réclamant de l'adaptation et de la flexibilité.
Compétences émergentes : ce que disent les données en 2026
Selon le Future of Jobs Report 2025 du Forum économique mondial, les employeurs estiment que 39% des compétences clés des travailleurs devraient évoluer d’ici 2030, sous l’effet notamment de l’IA, des transitions technologiques et des mutations économiques.. Les compétences dont l’importance progresse le plus vite sont d’abord technologiques : intelligence artificielle et big data, réseaux et cybersécurité, culture technologique. Viennent ensuite des compétences qui rejoignent les familles décrites plus haut : pensée créative, résilience, flexibilité et agilité, curiosité et apprentissage tout au long de la vie.
Par où commencer ?
Repérez d’abord les compétences émergentes de votre secteur à partir de sources de prospective et des retours de vos managers. Décrivez-les ensuite par des actions observables plutôt que par des mots isolés. Évaluez l’écart avec les compétences actuelles de vos équipes : c’est la base de votre analyse des besoins en compétences. Traduisez enfin ces écarts en parcours de formation, en mobilité interne ou en recrutement ciblé. La méthode pour mobiliser ensuite les compétences professionnelles, étape par étape, est détaillée dans notre article dédié.
Alors, le saviez-vous ?
Growth mindset : c'est un état d’esprit de quelqu’un qui considère que ses compétences peuvent toujours progresser
Article écrit sur la base des travaux Internationaux d'institutions et d’écosystèmes comme le Forum Economique Mondial, le P21 (Partnership for 21st Century Learning) ou l’IFTF (Institute for the future).










